Chronique Médias


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Index


Introduction


Analyses
Radio-Canada en déclin
Un Exemple de conditionnement
TQS c. TVA
L'Avocat et le Diable
Annonces de bière


Brèves
The Depolitisator
Théâtre de Droite
La Cage aux chattes
Une Carrière de série B
L'Art d'aller contre ses propres intérêts
Le Retour d'Yvon Poitras
Annie Pelletier en direct (vient de se lever)



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Chronique Médias
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Introduction



Les médias, outil de socialisation aussi influent que omniprésent, font l'objet des textes publiés dans cette chronique. Deux chroniqueuses principales traitent de cette question. Ma collègue Ruth O'Reik s'occupe des brèves, des articles qui présentent sommairement une remarque ou une opinion-éclair sur un sujet quelconque. Et moi, Zia Mhe, je m'occupe des analyses, textes plus longs sur des points bien précis.

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Zia Mhe
Zia Mhe

Radio-Canada en déclin

2005-11-13



J'annonçais récemment que je vous parlerais de Radio-Canada. Plus précisément, l'objet de cette entrée concerne la télévision de Radio-Canada et son évolution des dernières années.

Comme j'en parlais récemment, TQS et TVA prirent le virage sensationnaliste quelques années auparavant. TQS s'engagea entièrement dans cette voie tandis que TVA s'efforça, et s'efforce toujours, de conserver un peu de crédibilité et de créer deux pôles dans son horaire (sensationnalisme et information). Mais qu'en est-il de Radio-Canada ? Je pense que cette station de télévision a su résister, en majeure partie, aux pressions extérieures. Cependant, il serait quelque peu excessif de dire que rien n'a changé depuis quelques années et que des influences sensationnalistes ne se font pas sentir.

Bien entendu, Radio-Canada est exempte de télé-réalité, d'émissions à scandales, de cinéma violence-sexualité gratuites. De plus, bien des émissions d'informations et d'intérêt public y sont toujours diffusées (p.ex. La Facture, L'Épicerie, Enjeux, 5 sur 5, Découvertes), et la qualité de l'information demeure excellente (par ailleurs, merci RDI). Contrairement aux stations susmentionnées (TQS et TVA), l'opinion et l'information ne cohabitent pas de façon discutable et floue.

Cependant, il faut admettre que la télévision de Radio-Canada (contrairement à ses émissions de radio) a pris des allures plus sensationnalistes ces dernières années. Tout d'abord, et c'est certainement le fait le plus symbolique, le traditionnel, l'immortel bulletin de nouvelles de 18h est tombé à 17h, comme dans les autres stations. Les émissions habituelles de 16h ont été remplacées par des «pré-nouvelles», soit l'émission «d'opinion» La Cage aux lionnes. On se retrouve donc avec des pré-nouvelles, puis des nouvelles, et des nouvelles longues. Car effectivement, comme pour TQS et TVA, le bulletin de nouvelles s'éternise et on passe une partie de notre temps à ne voir que des reportages partiels, atomisés, présentés en pièces détachées, en promettant à chaque fois qu'on en verra plus la prochaine fois. C'est une pratique d'accrochage excessivement vexante; ne pourrait-on pas traiter d'un sujet en profondeur et vider la question avant de passer à autre chose ?!

Par ailleurs, d'autres éléments vont dans le sens du sensationnalisme, mais pourraient être attribuables à diverses causes alternatives. Le problème n'est pas ici le sensationnalisme; c'est plutôt cette espèce de brume de controverse qui entoure ces émissions. Ainsi, Les Bougon présentent une vision des personnes défavorisées qui réaffirme plusieurs stéréotypes honteux. Cover Girl place de l'avant, de façon exhibitionniste et caricaturée, un ensemble de bizarreries sur le thème de l'identité sexuelle. Qu'est-ce que ces émissions font ? Quel est leur impact ? Cela est difficile à dire ou à mesurer. Cependant, dans le meilleur des cas, on peut affirmer que (a) ce n'est pas de l'éducation publique, (b) il existe un risque de créer des effets pervers, (c) est-ce la mission de la société d'état ? et (d) on ne peut pas tout passer sous le couvert de l'humour. Évidemment, si ces émissions étaient diffusées à TQS, on pourrait s'indigner ou se questionner comme je le fais ici, mais le fait est que ce serait cohérent avec le reste.

Parlant d'humour et de controverse, une autre décision de Radio-Canada tendant vers le sensationnalisme, dont on peut débattre, touche l'émission Tout le monde en parle. Soyons très clair : je suis un fan presque inconditionnel de Rock et Belles Oreilles, et j'étais particulièrement heureux que Radio-Canada diffuse RBO Hebdo, dans le temps. De plus, j'aime bien Guy A. Lepage -- c'est probablement mon préféré parmi les six. Je ne suis pas nécessairement en accord avec le concept de Un Gars, une fille (stéréotypes, stéréotypes, masculinité), mais force est d'admettre que c'est un individu brillant, un bon comédien, et quelqu'un d'indépendant. Mais Tout le monde en parle n'est pas une émission d'idées. C'est une émission de voyeurisme et de bitcherie : on veut tout voir, tout savoir, et il faut revoir, encore et encore, les choses à la mode. Certes, certain-e-s invité-e-s sont intéressant-e-s, et leur présence est pertinente. Sauf que, ultimement, c'est ce qui est populaire qui détermine tout. Ce n'est plus une question de réflexion ou de profondeur ou de critique, ou même de défiance; c'est ce que les gens veulent entendre (comme dans Un Gars, une fille). On est donc bien loin du Rock et Belles Oreilles expérimental qui tient sa survie uniquement à sa popularité, et qui repose sur un fragile équilibre entre aller très loin et trop loin. Non, Tout le monde en parle, c'est un sensationnalisme institutionalisé, conditionné par ce qui fait vendre, et présenté comme légèrement rebelle (car la polémique fait vendre, cf. TQS).

Mais c'est du sensationnalisme quand même, de la polémique-à-tout-prix. Je ne suis absolument pas en accord avec une solution de censure ou de surveillance politique. Je ne souhaite pas non plus suggérer des solutions qui dénatureraient le concept. Je ne suis pas en train de dire que cette émission est mauvaise et qu'elle n'a pas sa place. Seulement, je me questionne sur les choix de Radio-Canada, organisation publique, et de ce que ceux-ci représentent, nous disent sur notre société. Je me questionne sur les choix du public et de la relation offre-demande que le public et les médias entretiennent. Et je m'inquiète du fait que les personnes soient aussi avides de sensationnalisme et de cynisme par procuration, que ce soit par rapport à la violence, la sexualité, les personnalités publiques ou la politique.

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Zia Mhe
Zia Mhe

Un Exemple de conditionnement

2005-11-05



Au moment où CHOI 98,1 Radio X a commencé à être une radio controversée (vers 2000), je n'écoutais pas la radio. J'ai commencé à écouter la radio activement il y a peut-être au plus deux ans. J'écoutais - et j'écoute toujours - principalement CHYZ 94,3 et Radio-Canada (Première chaîne).

J'ai écouté Radio X de façon plus soutenue (sans le souhaiter, je dois l'admettre) lors de mes cours de conduite et un peu au travail aussi, à cause d'une collègue. Je suis aussi tombé par hasard sur les ondes de Radio X en cherchant un poste dont j'ignorais la fréquence. En tant que personne extérieure à la culture de Radio X, ce qui m'a vraiment frappé dans ces moments d'écoute sporadique et involontaire, c'est à quel point on ne peut pas écouter Radio X sans se le faire rappeler. Je veux dire par là que à toutes les quelques minutes, une autopublicité nous balance une série de «Radio X, Radio X, Jeff Fillion, Radio X, Jeff Fillion, X, X, X, Radio X» (et ainsi de suite). Je ne sais pas si c'est le but, mais, en tout cas, on en arrive assez rapidement à associer musique, propos et animateurs à la station de radio.

Personnellement, je ne suis pas en accord avec certains des propos excessifs tenus sur les ondes de cette radio. Je ne vais pas non plus appuyer les thèses de Réjean Breton (professeur assez particulier à l'Université Laval), qui sont principalement à l'effet qu'on ne peut pas censurer Radio X parce que c'est le seul espace radiophonique de droite à (au) Québec. C'est correct, démocratiquement parlant, qu'un espace de droite existe (même si mon idéologie personnelle s'en éloigne), mais encore faut-il que cet espace respecte les règles, lois et responsabilités qui découlent du privilège de pouvoir diffuser, et je ne suis absolument pas prêt à leur signer un chèque en blanc sur la base de leur spécificité.

Je dois dire que mon opinion s'est largement construite à partir de sources extérieures à la station de radio elle-même (p.ex. par le biais d'articles, d'émissions, de débats, incluant souvent des personnes soutenant la station de radio en question). Ma lecture de la situation serait peut-être un peu différente, probablement plus précise en tout cas, si j'avais appris à aimer cette radio, que je l'écoutais chaque jour ou presque, et que j'appréciais la musique qu'on y fait jouer.

Bref, je n'ai jamais été particulièrement réceptive. Au contraire, la plupart des informations obtenues sur cette station de radio étaient négatives, ou de qualité argumentative assez discutable, ce qui ne m'a nullement prédisposée à apprécier ce qui s'y passait, tant du côté de la musique, des propos, des animateurs, que de la station de radio. Alors, quand tout cela me fut présenté, de manière associée et répétée par le biais de la publicité, il est évident que le conditionnement s'est fait, mais avec un effet complètement opposé à ce que les personnes qui s'affichent ouvertement comme des X ont pu vivre (comme on peut le lire sur de vieux collants : «Moi ch't'un X»). Dans mon cas, c'était plutôt un conditionnement aversif : j'ai rejeté en bloc ce stimulus.

Mais imaginons un jeune homme (fin de l'adolescence), bourgeois, en plein dans sa phase égocentrique individualiste tout à fait normale, souhaitable et nécessaire dans son développement, qui remet en question ce qui s'est fait avant lui (spécialement ce qui vient de la génération de ses parents), et qui aime bien la musique de Radio X. Cette personne est beaucoup plus réceptive à tout ce qui vient de cette station de radio que je n'ai pu l'être moi-même. Comble de bonheur, les animateurs sont jeunes (il peut donc s'identifier à eux), dynamiques, parlent dans un langage accessible et familier, et semblent critiquer ouvertement la façon dont les choses politiques et sociales se passent actuellement -- car tout le monde sait que, présentement, rien ne fonctionne nulle part. Je dis bien «semblent critiquer», parce que pour critiquer, il faut autre chose que faire de la démagogie et affirmer avec force (et peu de nuances) des idées contenant peu d'arguments mais beaucoup de rhétorique. Je peux supposer, en toute bonne foi, que certains employés de cette station ont plus de sens critique que d'autres mais, pour dire vrai, je n'écoute pas assez Radio X pour véritablement le dire et faire un examen complet de la situation. Je leur laisse donc le bénéfice du doute; néanmoins, je ne suis pas convaincu que tous les jeunes, voire même la plupart, sont capables de faire les nuances nécessaires. Du moins, quand je les écoute, je ne suis vraiment pas convaincu que c'est le cas. Il manque des connaissances, des habiletés, et surtout une vision, un portrait d'ensemble qu'on peut apprendre, qu'il faut apprendre, mais qui repose sur des savoirs qu'on n'a pas nécessairement à 18 ans... surtout si la seule version de la réalité à laquelle on a accès, c'est celle des bourgeois ou encore de la droite genre Radio X.

Donc, pour un jeune homme, qui remet en question les choses (ce qui n'est pas mauvais en soi), quel heureux hasard de tomber sur Radio X. Non seulement la musique est agréable, les animateurs sont cool, mais en plus ils apportent des alternatives, voire des solutions simples aux problèmes complexes issus de la génération de ses parents : les fonctionnaires, les syndicats et les incompétent-e-s qui ne travaillent pas ! Et que dire des valeurs ultramasculines, toujours bien vigoureuses à Radio X. Les modèles, les valeurs proposées, et ce processus de remise en question, contribuent à l'aider à se définir, à se différencier des autres, donc, à devenir un individu : qui je suis, comment je pense, qu'est-ce qui est bien, qu'est-ce qui est important ?

Dans une telle situation, quand arrive à répétition la publicité qui triangule musique-propos-animateur et l'associe à Radio X, le jeune homme est conditionné : cette station, c'est un renforcement positif. Il veut maintenir ce renforcement et fera des efforts en ce sens. Et il en fera beaucoup, des efforts, parce que non seulement Radio X l'amuse, lui apporte des réponses, mais cette station fait aussi partie de son identité.

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Zia Mhe
Zia Mhe

TQS c. TVA

2005-11-03



Télévision Quatre Saisons (TQS) et Télé-Métropole (TVA) sont deux stations de télévision privées. Ces deux chaînes se ressemblent beaucoup par leur contenu et leur culture, mais se distinguent toutefois par leur philosophie.

C'est TQS qui, la première, a amorcé le virage vers l'américanisation de la télévision québécoise, en faisant entrer en masse la télé-réalité (p.ex. Loft Story; Le Bachelor), l'opinion déguisée en bulletin d'information et la polémique-à-tout-prix du gros bon sens (p.ex. 110%, L'Avocat et le Diable) en récupérant toutes les personnalités excentriques dont les autres chaînes ne veulent plus (p.ex. Dr. Pierre Mailloux, récemment renvoyé). TQS présente aussi, de façon générale, une culture très américaine : infopublicités, humour pas drôle et romans-savon mal doublés, longue série de mauvais films remplis de violence gratuite, sexualité (cf. Bleu Nuit). Bref, tout ce qui se vend (pas cher), on peut l'avoir sur TQS, qui livre émotions et sensations aux masses dépolitisées avides de divertissements faciles. Bref, le contenu pertinent présenté à TQS tend vers zéro.

Du côté de TVA, on s'est empressé-e-s d'emboîter le pas à TQS dans cette voie. Pour ce qui est de la télé-réalité, on n'est pas en reste. On a eu droit aux très honteuses Occupation Double et à Star Académie, cette dernière émission continuant de déshonorer la communauté artistique québécoise et de servir de mécanisme de diffusion de la culture dominante, de la culture du rêve, ce rêve étant bien sûr américain. Même chose du côté des téléromans qui, habituellement mauvais par définition, ne sont pas spécialement poches sur une chaîne ou une autre. Les films présentés à TVA, ainsi que beaucoup, beaucoup d'infopublicités (p.ex. Shopping TVA) et les romans-savon mal doublés, suivent aussi la même logique que à TQS, la sexualité en moins. Malgré tout, TVA présente davantage d'émissions non totalement médiocres que TQS, notamment par le contenu québécois (p.ex. Lance et Compte, Caméra Café) ainsi que (pris au sens large) quelques émissions utiles et d'affaires publiques (p.ex. JE).

À cause de son réseau d'information (Le Canal des nouvelles, LCN), et je me permettrais d'ajouter «grâce à celui-ci», TVA doit maintenir, ou du moins présenter une façade, si ténue soit-elle, de plus grande crédibilité que TQS. C'est probablement ce qui explique que les informations utiles et d'affaires publiques sont maintenues à cette chaîne. Donc, malgré des choix «stratégiques» pour augmenter ses cotes d'écoutes (et tant pis pour la qualité), TVA n'a pas, comme TQS, adopté de façon totale la philosophie du sensationnalisme. Il reste toujours la volonté, à TVA, de maintenir une certaine apparence intelligente et une diversité de contenu : du bon, du mauvais, bref, on tente de contenter un peu tout le monde.

Cela se manifeste de la façon la plus évidente dans les bulletins de nouvelles de TVA. Comme à TQS, l'opinion et l'information cohabitent, et les frontières deviennent floues entre les faits et les idées. Comme à TQS, on peut passer près de trois heures à regarder les nouvelles de TVA (incluant la météo) et émissions connexes sans apprendre grand-chose et se faire constamment dire que le sujet sera traité en profondeur plus loin, sans qu'on ne finisse jamais par y arriver. Cependant, à TVA, le souci existe de dissocier un tant soit peu ces deux choses. C'est pourquoi on alterne entre les nouvelles et les commentaires, c'est pourquoi on spécifie quand c'est l'un, quand c'est l'autre.

Là où TQS agite Jean-Luc Mongrain pour donner des spectacles d'opinions comme dans plusieurs autres émissions présentées sur ce réseau, TVA peut compter sur Claude Charron pour sauver les meubles. Ce sont des gens comme Claude Charron qui font la différence entre les deux stations, bien sûr au profit de TVA. Je ne suis pas nécessairement en accord avec tout ce qu'il dit, mais je dois admettre que, en la matière, il est fort, articulé, intelligent et compétent. Et il y en a d'autres à TVA, tandis qu'ils-elles se font rares à TQS.

Malgré tout, dans l'ensemble, TVA, ce n'est pas terrible. Heureusement, nous avons la télévision de Radio-Canada. Mais, ces dernières années, il semble que cette station ait elle aussi pris le virage sensationnaliste...

ET CE SERA L'OBJET D'UNE PROCHAINE ENTRÉE ! RESTEZ AVEC NOUS POUR EN SAVOIR DAVANTAGE !

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Zia Mhe
Zia Mhe

L'Avocat et le Diable

2005-08-11



Ah non, NON !

Un extrait du site web de TQS :

Montréal, le 9 août 2005 - Stéphane Gendron et Gilles Proulx seront les animateurs de L’Avocat et le Diable, un tout nouveau magazine d’opinions sur les grands enjeux de l’heure que TQS lancera dès le 5 septembre prochain. Cette quotidienne d’une heure sera diffusée dès 9 heures le matin.

Reconnus et appréciés pour leur franc-parler et leur cran, le controversé maire de Huntingdon et l’indomptable animateur de radio et de télévision formeront un duo explosif qui offrira de la télévision énergique, excitante et passionnante. Des idées claires et percutantes, des opinions bien arrêtées, des propos tranchants et tranchés ainsi que des discussions vigoureuses avec les téléspectateurs : autant d’ingrédients qui feront le bonheur des adeptes du «parler vrai» et qui hérisseront les tenants de la langue de bois et du politiquement correct (politically correct). (...)

Le niveau d'inconscience dans le texte du communiqué est carrément scandaleux. La surprise est vive et intense, comme la douleur ressentie lorsqu'on se blesse par inadvertance avec un couteau de cuisine, mais, dans le fond, c'était inévitable; une simple question de temps, quand on y pense bien.

Voici LE DIABLE : Gilles Proulx, vieux chiâleux fini, démagogue extraordinaire spécialiste en attaques tout azimut, précurseur de Jeff Fillion et autres amuseurs publics du genre instrumentalisés par la droite, et qui est en voie de se faire expulser de tous les médias possibles et imaginables à cause de son mépris du respect des gens, aboutit donc à TQS. C'est compréhensible, voire prévisible : TQS recycle tout ce qu'il peut y avoir à recycler, et déniche tout ce qu'il y a à dénicher, dans l'unique but de - fièrement, en plus ! - repousser les limites du douteux. Alors, aller chercher un géant du mauvais goût, brûlot brûlé dont plus personne ne veut, c'est une bonne affaire. Merci, TQS, merci de nous américaniser à un rythme toujours plus grand avec ton appétit voyeuriste de violence, de sexualisation et, dans ce cas-ci, de populisme déterré au marché aux puces (exempt de taxes, qui plus est).

L'autre, L'AVOCAT, c'est le maire de Huntingdon, en fait, il n'a pas vraiment de nom ou d'identité propre; c'est juste «le maire de Huntingdon». Il est passé à la télévision après avoir eu des idées «géniales» typiques du gros bon sens rudimentaire qui ne fonctionne pas (i.e. un couvre-feu pour empêcher des graffitis et la «municipalisation» projetée d'une usine) deux ou trois fois en quelques mois. Là, il y a eu une mode étrange et inquiétante où, à chaque fois qu'une opinion était nécessaire, il fallait aller demander au «maire de Huntingdon» ce qu'il en pensait, comme si c'était un expert crédible en quoi que ce soit. Je veux dire, je ne peux pas croire qu'on ait besoin de leaders et de réponses à ce point. Rendu-e-s là, n'importe qui décidant de s'exciter publiquement en disant tout haut ce que tout le monde se dit qu'il ne devrait pas le dire parce que c'est trop nul (sauf les beaux-frères et les oncles qui disjonctent tout le temps sans raison - toutes les familles en ont au moins un spécimen, alors on n'en a pas besoin dans les médias), pourrait faire de la radio ou de la télévision. À ce moment-là, puisque TQS y a vu le potentiel d'un bon (freak) show, à chaque matin, aussi lourd que perpétuel, ils sont allés le récupérer ín extremis, car il était sur le point de sombrer dans l'oubli, ce qui n'aurait vraiment pas été une mauvaise chose.

Remarquons que, pour le «maire de Huntingdon», c'est une bonne affaire, sauf si son fragile aura d'engouement se fait rapidement éclipser par Gilles Proulx et que l'ensemble du concept aboutit dans les égoûts une saison plus tard parce que le jeune talent n'est vraiment pas à la hauteur. Pour le moment, c'est une sorte de promotion pour lui, même si d'habitude, passer de la politique aux médias, c'est inhabituel, parce que les politicien-ne-s ne sont pas crédibles. Le parcours inverse est plus probable : on devient connu à cause d'une position journalistique dans les médias, puis on se fait récupérer par une organisation politique. On n'a qu'à penser à Jean Lapierre ou, plus récemment, à Michaëlle Jean.

Quoiqu'il en soit, Simon Durivage, avec la nouvelle émission matin de Radio-Canada d'opinion et d'actualité, n'a vraiment rien à craindre du supposé duo explosif du parler vrai qui ne sont pas politiquement corrects (par principe).

Parions que si le salaire d'un député était le même que celui de maire, et que s'il était autre chose qu'un démagogue raté au charisme chancelant, Mario Dumont serait déjà rendu à CHOI FM 98,1 Radio X, lui qui a eu tant de votes dans la région de la Capitale nationale, aux dernières élections.

p.s. (2005-08-13) Et voilà ! On parle encore de Huntingdon.

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Zia Mhe
Zia Mhe

Annonces de bière

2005-08-03



Ah, les annonces publicitaires de bière... c'est toujours la même chose, au point où c'en est affreusement décourageant. J'ai de la difficulté à croire que des spécialistes du marketing et de la communication publique gagnent leur vie avec cela... voire, j'ai même de la difficulté à croire que des compagnies de bière ont besoin d'en engager.

À cause de cette endormante prévisibilité, les annonces de bière seraient très faciles à modéliser. Oui, modéliser : je veux dire par là reproduire un phénomène de façon représentative avec le moins de paramètres (variables) possibles. Tiens, essayons donc :

Do-it-yourself Annonce-de-bière, version 1 = Jeunes hommes conformistes à la mode + Femmes-objets + Ambiance festive + Sexualisation.

Et voilà ! Il faut noter l'association entre les stimuli «bière» et «représentation typique du plaisir chez les jeunes», qui a pour but de déclencher le phénomène du conditionnement classique : «si toi, le jeune homme moderne et conformiste d'aujourd'hui (oui, toi, le gars viril et à la mode), tu bois de la bière» (stimulus neutre, parfois même aversif), «alors tu auras du plaisir et des conquêtes» (stimulus inconditionnel, et avec une petite activation physiologique provoquée par la sexualisation, c'est théoriquement très réussi). Les compagnies de bière ont maintenant un problème : leurs annonces étant toutes les mêmes, le conditionnement ne se fait pas dans le sens de «boire la bière d'une compagnie en particulier», mais bien «boire de la bière». Or, les gens boivent déjà de la bière, surtout les jeunes. Et bien des choses sont sexualisées aujourd'hui, de sorte que ce n'est plus très distinctif ou excitant, une annonce de bière.

Donc, les annonces de bières ne sont plus tellement utiles, à part pour nous rappeler encore et toujours les mêmes stéréotypes sexistes, et un bravo particulier à la compagnie de bière qui a inséré une annonce en flash (avec du son, hé oui !) quand un utilisateur (car cette publicité s'adresse aux hommes, bien entendu) entre sur son compte, dans une certaine agence de rencontre par Internet qu'on ne nommera pas. Oui, un bravo (ironique, espérons que vous avez compris-e), car c'est particulièrement sexualisé, et tout aussi ridicule que le concept d'agence de rencontre lui-même. Qui se ressemble, s'assemble, dit le proverbe, et je ne vous parle même pas des gens qui s'identifient à un tel mode de vie.

Alors, quelle solution proposer pour débloquer cette crise publicitaire chez les compagnies de bière ? Vous comprendrez que, de par mes opinions personnelles et mes habitudes de vie, la bière ne m'intéresse pas beaucoup. Sans proposer une solution, car je ne souhaite pas aider qui que ce soit à vendre un truc fermenté (artificiellement) qui sert à intoxiquer les gens, j'aurais quand même une suggestion.

S'il-vous-plaît, ne tentez pas de vous différencier entre vous, les vendeurs de bière, en faisant des publicités qui, dans votre immense persévération vers l'absence de créativité, ne serait qu'une légère variation de l'équation ci-haut. En plus d'être inefficace, cette tactique ne fera que vous approcher encore plus du seuil de l'indécence et du ridicule.

Dans le département du ridicule, toutefois, vous ne battrez probablement jamais (du moins, à court terme, car je sais que vous le pourrez un jour, en gaspillant suffisamment de temps et d'argent), l'annonce du film Horloge biologique. Vraiment, là, la salle d'accouchement qui se transforme en discothèque, le jeune mâle viril qui commence à s'amuser (ignorant soudainement sa femme qui accouche !) et le très fétichiste fantasme masculin de l'infirmière sexualisée (n.b. : elle a le même rôle que votre mère quand vous étiez jeune), franchement, tout cela ensemble, c'est inqualifiable.

En fait, moi, au départ, je pensais RÉELLEMENT que c'était une annonce de bière...

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Ruth O'Reik
Ruth O'Reik

The Depolitisator

2005-12-13



À chaque vendredi matin, sur la Première chaîne de la radio de Radio-Canada CBV FM 106,3 Québec, David Desjardins est invité pour commenter l'actualité dans un billet d'humeur. David Desjardins, c'est un individu qui travaille au journal Le Voir. Selon mon point de vue, ce gars-là c'est The Depolitisator.

Je n'apprécie pas vraiment sa chronique. Il passe son temps à blaster ce qui se passe dans l'actualité, et il le fait avec une certaine arrogance. Ce que je déteste plus que tout, c'est qu'il se permet de lancer, très rapidement et sans traiter aucune question de façon détaillée, un paquet d'affirmations gratuites sans jamais ressentir le besoin d'argumenter ou de démontrer quoi que ce soit.

Et, évidemment, à chaque fois, il nous sert un réchauffé de pensée dominante avec une petite touche d'humour névrosé. La majorité pense cela, alors réaffirmons donc le tout, histoire d'être bien certain de valider les gens là-dedans et de les empêcher d'être exposés à autre chose.

Pourquoi donc l'affuble-je de ce surnom, The Depolitisator ? Parce que ce genre de chronique plaît aux gens par son cynisme en évitant justement l'effort de se centrer sur le contenu. Au contraire, c'est un exercice de la rhétorique du jeune arriviste cool qui fait le procès de tout le monde, style tellement populaire dans la région de la Capitale nationale (p.ex. Mario Dumont et l'ADQ, CHOI Radio X...).

Donc, en plus d'être mauvais, ce n'est même pas original.

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Ruth O'Reik
Ruth O'Reik

Théâtre de Droite

2005-11-12



Il m'arrive parfois de regarder du théâtre de droite avec une sorte d'intérêt distant et d'humour de second degré. Je fais bien entendu référence aux animateurs trop zélés qui brandissent leur arme ultime, le sens commun, avec indignation : les André Arthur, Gilles Proulx, et Jean-Luc Mongrain. Je n'ajoute pas Jeff Fillion, car lui, il n'est pas drôle; il est juste bitch. Je m'amuse à les entendre, les regarder (le cas échéant), les observer, les étudier, car je ne suis généralement pas d'accord avec leurs propos, alors je n'ai pas de véritable raison de m'intéresser à ce qu'ils disent.

En fait, j'ai surtout accès à Jean-Luc Mongrain, mais ils utilisent tous à peu près les mêmes procédés, si ce n'est que dans des contextes et des mots qui diffèrent. Cette façon de fixer la caméra intensément, sans bouger, avec le gros plan sur le visage, l'indignation, la modulation constante de la voix, le passage rapide d'une émotion à une autre, la démesure, l'exagération, la fausse colère, l'auto-motivation en spirale, les pauses, les silences accompagnés de graves et solennelles figures, les expressions faciales outrées, et comment ne pas constater l'agitation motrice.

Tout cela est remarquablement bien reproduit par Philippe Laguë dans son personnage de Roland Béton, une sorte de caricature du professeur Réjean Breton (cf. Il va y avoir du sport, Télé-Québec). Ce personnage est lui-même inspiré d'un autre, Amédée Brisebois, créé dans le cadre de l'émission Macadam tribus, diffusée à la radio de Radio-Canada (n.b. voir la critique de cette émission dans Chronique Humour : Macadam tribus).

Oui, le théâtre de droite, car, à défaut d'avoir du contenu de droite bien articulé là-dedans, on peut s'amuser avec la rhétorique compensatoire et se dire, avec cynisme et condescendance, certes, que bien des gens tombent dans le panneau en prenant le contenant pour du contenu.

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Ruth O'Reik
Ruth O'Reik

La Cage aux chattes

2005-09-14



La télévision de Radio-Canada a peut-être finalement décidé d'entrer dans l'ère (post)moderne de l'information, c'est-à-dire celle du nivellement par le bas. Je ne sais pas encore si cette entrée est superficielle ou si cela consiste en un véritable saut de confiance dans le vide, mais, en tout cas, le Téléjournal est maintenant diffusé en même temps que celui des autres chaînes et il est précédé d'une émission de pré-nouvelles, comme sur les autres chaînes qui ont pris le virage. Cette émission, qu'on annonçait comme étant un lieu d'opinions solides et de débats intelligents, s'intitule La Fosse aux lionnes. Je voyais déjà cela d'ici : trois impitoyables journalistes, dignes représentantes des femmes qui réussissent, qui anéantissent la médiocrité qu'on leur jette dans la fosse à grands coups de griffe. Cela aurait fait du bien, et certaines parties de l'actualité auraient sévèrement été punies. Yeah !

Une Véritable lionne

En fait, on a placé des fillettes, de jeunes chattes, dans une cage dorée aux allures branchées pour les filmer, et c'est ce que Radio-Canada nous livre. Décevant. Nos charmantes amies orientent donc le programme non pas vers une émission de débats ou d'actualité, mais bien vers une émission de variétés, c'est-à-dire le plus bas-de-gamme qui soit en matière d'idées. Là, les chattes jouent avec une balle de laine, jasent de tout et de rien, rendant l'information au public de la manière la plus banale possible en prenant bien soin d'éviter quelque enjeu que ce soit pour se plonger dans les tréfonds des univers stéréotypés, ici bien évidemment féminins, pour ne pas surprendre l'auditeur-trice. Et ce n'est pas fini : tout est stéréotypé, en surface, plein de dérives névrosées et, en guise de grande finale, on a droit à de la psychologie populaire, Suprême autorité de TOUTES.

Radio-Canada, vous aviez promis une émission «où les opinions se font et se défont». Correction : elles ne se font même pas et, de grâce, sortez ces chattes de leur cage et donnez-leur quelque chose de plus intelligent à faire de leur esprit.

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Ruth O'Reik
Ruth O'Reik

Une Carrière de série B

2005-09-03



Je réalise maintenant à quel point Marcel Leboeuf est l'incarnation québécoise d'une carrière de série B. Par série B, j'entends une catégorie de productions médiatiques moyennes, avec un budget moyen, des rôles moyens, des acteur-trice-s moyen-ne-s, et un scénario très moyen : comédies pas drôles, faits vécus moralisateurs farcis à la psychologie populaire, films de science-fiction ou de guerre avec des effets spéciaux médiocres, le tout habituellement réalisé maladroitement. La plupart de ces films ou téléséries ne contiennent que peu de créativité et se contentent de reprendre périodiquement des thèmes déjà traités ailleurs, et d'emprunter des bouts de scénario et des effets spéciaux aux grands films ou aux mégaproductions. La série B, c'est en quelque sorte la chaîne de montage bas-de-gamme en sous-traitance pour le cinéma hollywoodien.

Pour ce qui est de Marcel Leboeuf – et voilà l'aspect carrière - le lien est qu'il n'a pratiquement que de petits contrats d'acteur de soutien dans des téléromans ou encore pour animer des émissions pseudodrôles assez mauvaises, importées des États-Unis. Le reste du temps, l'animation de ces émissions est doublée de la version anglophone, avec une qualité comparable à celle retrouvée dans une info-pub. C'est donc dire que si le doublage est trop mauvais, impossible, ou qu'on souhaite une adaptation plutôt qu'une traduction, alors on a Marcel Leboeuf.

Donc, Marcel Leboeuf est ce genre de bouche-trou médiatique fonctionnel, le gars sur qui on peut compter, qui fait le travail un peu chiant sans jamais rechigner, qui en retire un certain plaisir malgré tout, et qui rentre chez lui content de sa journée. Il a gagné son pain durant toutes ces années, et il suit le cheminement lent, mais sûr, d'une carrière bien construite et aisée dans les médias. C'est tout le contraire des superstars, des stars qui deviennent has-beens, ou des fini-e-s qu'on voit quelques temps avant qu'ils-elles ne sombrent dans le néant à tout jamais.

Marcel Leboeuf, homme de série B (et fervent catholique), gagne-petit professionnel, on te remercie, et on te souhaite de continuer dans cette voie, car tel est ton Destin de toute manière.

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Ruth O'Reik
Ruth O'Reik

L'Art d'aller contre ses propres intérêts

2005-08-04



Dans la plus pure logique de l'aliénation des femmes par et pour les femmes, voici la transcription approximative de ce qu'a dit une journaliste culturelle qui est passée à la télévision récemment :

«Les gars, vous savez que l'humour cela marche pour séduire les filles, alors si vous manquez de trucs, allez voir ce film-là !»
Elle parlait du film Garçons sans honneur (Wedding crashers) ! Oui, ce sont d'excellents conseils, si votre idéal relationnel constitue en une série d'aventures sans lendemain et d'irresponsables intrusions dans la vie conjugale d'autrui purement motivées par une sexualité égoïste et décadente. Et, comble de l'ironie très bon marché, les deux personnages principaux du film sont médiateurs en divorce !

De toute façon, les hommes n'ont pas besoin de tels trucs; ils pratiquent très bien, et depuis leur plus jeune âge, l'art de la séduction égoïste. Il n'y a donc pas de surprise du fait qu'un film aussi mauvais fonctionne au cinéma, car on reconnaît cette médiocrité stéréotypée en chacun-e de nous, et l'affirmons chaque jour avec force.

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Ruth O'Reik
Ruth O'Reik

Le Retour d'Yvon Poitras

2005-07-23



La semaine passée, c'était le 15e anniversaire de la Crise d'Oka. Les médias en ont un peu parlé, à travers les jeux aquatiques et les attentats de Londres. Si vous souhaitez en savoir plus sur la Crise d'Oka ou vous rappeler ce qui s'est passé, vous pouvez aller consulter les archives de Radio-Canada.

Le groupe Rock et Belles Oreilles (RBO) avait fait une parodie extrêmement amusante de l'événement, avec tout le sarcasme et le cynisme qu'on leur connaît. Dans ce sketch, Daniel Boone tente de régler la situation avant que tout ne dégénère. En bout de ligne, après une apparition passablement erratique de La Poune et d'un grand détachement de cavalerie aux airs de police montée, la situation retourne à la normale et les amérindiens sont éliminés.

Une singularité de ce sketch, au tout début, est la présence d'un homme, gros, qui porte des lunettes d'aviateur (ou de trucker, c'est selon votre préférence). Il s'avance devant la populace qui veut aller anéantir les amérindiens et annonce : «Nous allons dégager le pont ou je ne m'appelle pas Yvon Poitras !». Daniel Boone le descend avec un coup de fusil en disant qu'il ne s'appelle plus Yvon Poitras, ce qui désamorce (?) le problème.

À l'occasion du funeste anniversaire de la Crise d'Oka, justement, la radio de Radio-Canada, une entrevue a été faite avec quelques personnes qui y étaient. Justement, quelle ne fut pas ma surprise d'entendre «et voici Yvon Poitras, un des leaders de la révolte citoyenne contre les amérindiens».

Yvon, tu as vécu tes dernières minutes de gloire et quelques personnes dans ce monde qui ont vu le sketch de RBO se sont souvenues de toi. Et, crois-moi, elles s'en calicent.

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Ruth O'Reik
Ruth O'Reik

Annie Pelletier en direct
(vient de se lever)

2005-07-22



Annie Pelletier, la célèbre plongeuse, a eu l'air très amateure ce matin. En entrevue à la radio de Radio-Canada, à l'émission Lamarche le matin, elle semblait chercher ses mots, hésitait. Bref, elle a offert une performance assez ordinaire. Il était près de 7h du matin et il semblait qu'elle venait tout juste de se lever, étant en fait encore partiellement endormie.

On l'aime bien, Annie Pelletier. Mais elle aurait pu fermer son réveil-matin pour éviter qu'il ne parte en plein milieu de l'entrevue, car cela laisse croire que ce sont les gens de Radio-Canada l'ont réveillée.

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